La Coalition fait un plaidoyer en faveur des quartiers
détruits par les projets autoroutiers
Montréal lundi 14 avril 2008 — La Coalition présentait hier, en conférence de presse, un plaidoyer faisant valoir que les quartiers détruits par les projets autoroutiers des années soixante et soixante-dix doivent obtenir réparation pour le tort qui leur a été causé à cette époque et dont ils souffrent encore aujourd’hui. Forts des 4 000 signataires de leur pétition, les membres de la Coalition demandent que le tronçon de la rue Notre-Dame provoque un changement de paradigme dans l’aménagement urbain de Montréal, plutôt que de compléter la boucle autoroutière imaginée dans le passé.
« Il existe des solutions beaucoup plus efficaces et durables pour régler les problèmes de mobilité à Montréal, mentionnait alors l’urbaniste Jean-Claude Marsan, professeur titulaire à l’École d’architecture de l’Université de Montréal. On trouve plusieurs de ces solutions dans la Déclaration pour un développement viable de l’est de la métropole. »
Les signataires de cette Déclaration proposent, entre autres, d’intégrer à la rue Notre-Dame une infrastructure de transport collectif en site propre au lieu d’élargir cette artère pour y faire passer plus de voitures, proposition appuyée par les professeurs en urbanisme des quatre universités montréalaises. Pierre Brisset, architecte et membre de la Coalition, propose en outre de requalifier l’autoroute Ville-Marie afin qu’une moitié de son emprise serve au transport collectif. « L’emprise est là, on peut l’utiliser pour une nouvelle fonction », dit-il.
La porte-parole de la Coalition, Monique Désy Proulx, affirmait qu’ainsi « le tronçon Notre-Dame servirait de détonateur pour renverser la vapeur et réduire la capacité des infrastructures autoroutières existantes plutôt que de l’augmenter. Grâce à un tel virage, on pourrait enfin assurer la mobilité des citoyens, leur redonner un accès au fleuve et rendre leur ville plus verte. »
Quant à Arthur Sandborn, de Greenpeace, il a montré que les publicités récemment présentées par le ministère des Transports dans les journaux montréalais (aux frais des contribuables) ne donnaient à voir qu’une infime partie du projet et donnaient des airs bucoliques à la rue Notre-Dame, négligeant de révéler la tranchée « à la Décarie » qui doit surgir quelques mètres plus loin. De plus, des intervenants ont noté qu’on voyait sur cette image un mur antibruit et antipoussière, ce qui ne laisse aucun doute sur les intentions du gouvernement de faire de la rue Notre-Dame une artère à haut débit de type autoroutier plutôt qu’un boulevard urbain. En effet, un boulevard urbain ne comporte jamais de mur…
La Coalition a présenté la liste des organismes qui soutiennent son action, dont une vingtaine s’ajoute aux 25 organismes ayant déjà endossé la Déclaration pour un développement viable de l’est de la métropole. Parmi les appuis de la Coalition, on trouve plusieurs groupes de citoyens, comme l’Association des résidents et résidentes des faubourgs, le centre d’éducation des femmes la Marie Debout et l’Association Habiter Montréal, des groupes de recherche comme le groupe CINBIOSE de l’UQAM, ainsi que plusieurs partis politiques.
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2 réponses pour le moment ↓
1 Philippe H. Bouchard // 18 avril 2008 à 6:24
Il faut faire plus de bruit encore. C’est l’avenir de notre société que nous prenons en mains. C’est plus qu’un projet d’autoroute urbaine, c’est une vision de société basée sur l’individualisme de la voiture égoïste contre les transports en commun pour une communauté de qualité urbaine et viable. Il faut à tout prix faire en sorte qu’émerge de notre message une vision communautaire, basée sur le respect et le soutien des autres. Mobilisons toutes nos forces et tous les groupes d’action : le parti Québécois, Équiterre, GreenPeace, les conseils régionaux en environnement, Projet Montréal, le parti Vert et même, pourquoi pas, les libéraux de bonne volonté…
2 Martin St-Antoine // 12 avril 2009 à 10:08
Félicitations pour votre travail, ne lâchez pas.
Avec les compressions budgétaires des gouvernements, il y a surement plus d’espoir que jamais…J’habites à Villeray, mais j’aimerais
faire connnaissance avec les gens qui s’occupent de ce dossier un jour. Une réunion est-elle prévue prochainement à ce propos? Si oui,
quand et à quel endroit? Je serais très intéressé
à y participer.
Mes sincères salutations,
Martin St-Antoine
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