par Pierre Brisset, architecte
Quand je compare le présent projet avec celui de 1999, j’y trouve une ressemblance remarquable. À part l’ajout de voies pour autobus dans chaque direction, qui augmente le nombre de voies de six à huit, il n’y a aucune différence dans le concept : on prévoit une autoroute en tranchée et dallée dans Sainte-Marie (Centre-Sud), en surface avec intersections et munie de feux dans Hochelaga, en tranchée et dallée dans Maisonneuve et, finalement, en surface dans Viauville. L’horreur persiste, à quelques virgules près. Alors à quoi ont servi toutes les consultations ?
Pour le transport en commun, on propose quatre lignes d’autobus qui ne desservent pas le quartier : les express 410 et 430, sans arrêts, le prolongement de la ligne 505 sur Pie-IX, avec ajout d’un arrêt à la rue Ontario et, enfin, une nouvelle ligne sur Viau qui ne permettrait aucunement de relier Notre-Dame à Viau, si l’on tient compte de l’interdiction de virer à gauche sur Notre-Dame en direction est, pendant les heures de pointe. Comme le disait Monique Désy Proulx dans l’article de Rima Elkouri, où sont les transports en commun intéressants? (Félicitations Monique !)
De plus, ce projet enclave le quartier de son voisin, nos décideurs imposant l’utilisation d’une autoroute pour relier deux quartiers d’un même arrondissement. Avec un tel projet, il deviendrait périlleux de se rendre à l’Est de la rue Dickson dans Mercier à partir du quartier Maisonneuve…
Question efficacité : Pour quatre entrées en direction ouest vers le centre-ville (les rues Alphonse-de-Roy, Davidson, Pie-IX et Viau), il n’y a qu’une sortie équivalente en direction est, soit à Pie-IX, et ça, 24 heures sur 24. De plus, cette route deviendrait non seulement la plus inefficace à Montréal, mais aussi la plus dangereuse ! Aux rares endroits où on pourrait accéder à ce monstre, on tomberait dans la voie réservée pour autobus, sans espace de convergence sécuritaire, et ce, surtout dans Sainte-Marie, avant des sorties majeures comme celle du boulevard René-Lévesque. Pourtant, on critique souvent l’autoroute métropolitaine pour un tel manque de sécurité ! Ici, ce serait pire encore. Combien de carambolages et d’enquêtes du coroner devra-t-on subir pour admettre que ce n’est pas là une bonne façon de concevoir des axes routiers à haut débit, avec des manques d’accotements en cas d’urgence, avec l’absence de voies de convergence et avec des configurations d’entrées et de sorties trop rapprochées.
Dernière chose : cette nouvelle voie rapide obligerait la reconstruction de la partie sur pilotis de l’autoroute Ville-Marie dans l’Ouest et ce, à côté de l’autoroute existant déjà, ce qui entraînerait la décimation définitive de quartiers déjà éprouvés dans le passé par la construction de ladite autoroute. En effet, cette grosse manoeuvre absurde entraînerait la démolition pure et simple de plusieurs logements qui se trouvent encore à proximité de cette horreur, surtout dans le secteur des Tanneries de Saint-Henri.
On le dit depuis 1970 : on ne veut pas d’autoroute Est-Ouest, quel que soit le nom qu’on lui donne. Après quarante ans d’expérience, nos politiciens du Québec et de Montréal semblent être les derniers à reconnaître que des autoroutes urbaines ne s’intègrent pas avec le développement durable en milieu urbain.
Stoppons la folie de l’autoroute Est-Ouest!





3 réponses pour le moment ↓
1 Janine Paquin Forrest // 21 janvier 2008 à 18:44
Nous refusons la rue Notre-Dame selon ce plan.
Nous, résidents de la rue Notre-Dame, ne voulons pas d’un champ de course continuel, avec les camions et les autos, avec toute la pollution que cela occasionnera.
2 Jean Jacques // 11 mars 2008 à 7:31
La construction de l’autoroute en tranchée a été un désastre dans le centre-ville. Les espaces verts qui ont été construits dans les environs ne sont utilisés que par les sans-abri et les junkies. C’est la même chose qui va arriver dans Hochelaga-Maisonneuve.
Nos élus sont vraiment aveugles… nous commençons tous juste à régler une partie du problème dans le centre-ville en construisant par-dessus l’autoroute et maintenant on veut refaire la même erreur que dans le passé quelques kilomètres plus loin…
3 Sylvestre, Gaston // 21 avril 2008 à 19:26
Bonsoir,
Je suis d’accord à ce qu’on continue à respecter le cachet original, humain, chaleureux et typique de Montréal.
Laisser un commentaire