Non à l’autoroute Notre-Dame !

Pour un véritable boulevard urbain, à échelle humaine

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Le report du projet Notre-Dame,
une défaite pour qui ?

10 mars 2010 · 2 commentaires

Envoyé à Radio-Canada, le 9 mars 2010

Bonsoir,

Je vous écris après avoir vu votre reportage sur le fameux projet du boulevard autoroutier sur l’actuelle rue Notre-Dame.

Évidemment, la parole a été donnée aux représentants politiques (Réal Ménard et Carole Poirier). Mais on a oublié de demander l’opinion des citoyens du quartier Hochelaga-Maisonneuve.

Et que dit le politique sur le report du projet Notre-Dame ? Évidemment que c’est une grande perte et que c’est au détriment des résidents du quartier. Mais l’actuel politique élu de Vision Montréal ne s’est pas prononcé sur ce projet, et l’actuelle chef de l’opposition à la ville de Montréal, et ancienne députée provinciale du quartier, Louise Harel, est restée vague quant à son avis sur ce projet. UN PROJET que le quartier et ses résidents ne veulent pas et ils l’ont fait savoir à plusieurs occasions, dont le point culminant a été une marche d’opinion sur la rue ste-catherine. Cet événement avait été mis en place par une association de citoyens, la Coalition pour humaniser la rue Notre-Dame.

La volonté des habitants et résidents d’Hochelaga-Maisonneuve de ne pas voir le projet se réaliser comme prévu par le Ministère des Transports et la ville de Montréal s’est faite entendre à de nombreuses reprises : lors d’une similiconsultation en vue d’expliquer les tenants et aboutissants, en janvier 2008, les nombreux citoyens présents ont fait entendre leur mécontentement à la sourde oreille du gouvernement. Par ailleurs, c’est plus de 25 mémoires qui ont été déposés par des organismes du quartier et qui condamnent l’unilatéralisme du projet et de sa façon d’être coordonné avec la population concernée. En résumé, les hommes et les femmes du quartier ne veulent pas d’un mur de béton entre eux et le fleuve Saint-Laurent, d’une autoroute à 8 voies dédiées à la voiture et au transport polluant, d’une pollution accrue de gaz à effet de serre et d’une nuisance sonore et visuelle dangereuses l’une comme l’autre pour la santé de tous les résidents, finalement de l’utilisation du quartier comme un déversoir autoroutier. Les résidents font tout pour mettre fin à l’enclave qui a longtemps nui au quartier : pauvreté, crime organisé, délinquance…. Autant de réalités passées et visions passéistes que nous tous voulons voir changer pour le meilleur. Que signifierait une telle autoroute : des maisons centenaires, un quartier culturel et une artère majeure de Montréal qui perdraient tous de la valeur ! Et confinerait Hochelaga-Maisonneuve et ses résidents, anciens comme nouveaux, à une exclusion définitive du coeur de Montréal. Je vous rappelle que le marché Maisonneuve, le théâtre Denise-Pelletier, la place Valois, la biscuiterie Viau, le magnifique ancien Hôtel de Ville dominant la rue Morgan ne sont qu’à 6 ou peut-être 7 km du centre-ville de Montréal. 25 min en vélo et 1heure en marchant.

Ce que veulent les résidents : transports collectifs et plus propres, revitalisation du quartier et de la rue Sainte-Catherine. Évidemment, la rue Notre-Dame a besoin d’une bonne cure de rajeunissement pour améliorer les déplacements vers le centre-ville et réduire le déversement des voitures dans le quartier, mais les projets d’autoroutes datent d’une autre époque !
Comme je l’ai dit plus haut, nous nous sommes faits entendre, nous avons même marché pour que les instances dirigeantes nous voient et mesurent notre détermination à vouloir un futur plus humain pour notre quartier et un Meilleur collectif.

Alors, d’entendre un journaliste acquiescer aux paroles d’un élu qui affirme que les résidents du quartier seront les premiers perdants du report du projet me fait hurler !  Si un élu municipal tient pour acquis que ses résidents sont pour un projet parce que devant la majorité restée silencieuse, nous sommes moins nombreux à nous être prononcés, c’est que nous sommes encore trop peu à être informés et sensibilisés à tous les aspects de ce projet. Si le projet de l’autoroute Notre-Dame avec ses tenants et ses aboutissants était exposé et discuté lors des courses électorales, gageons que les oreilles des élus du quartier Homa chaufferaient assez pour qu’ils ne se permettent pas un tel commentaire avec un journaliste.

Pour ceux et celles qui s’opposent à l’anachronisme écologique, à l’immobilisme citoyen et à l’arriération urbaine du projet autoroutier Notre-Dame au détriment d’un tramway urbain entre le poumon et le coeur de la ville, le report du projet au détriment du projet Échangeur Turcot, dont le reportage faisait mention, est un baume pour nos volontés et nos esprits citoyens mis à rude épreuve par l’exercice politique. Nous ne parlerons donc pas de victoire, mais surtout pas d’une défaite, comme le maire Réal Ménard a voulu le faire dire à tous ses concitoyens par ses seuls propos.

Merci de m’avoir lu jusqu’au bout,
Sébastien Foiret, résident du quartier Hochelaga-Maisonneuve

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2 réponses pour le moment ↓

  • 1 Nicolas Marchildon // 10 mars 2010 à 21:11

    Le MTQ a tout intérêt à écouter ce que les citoyens ont à dire. J’espère que l’administration Tremblay-Bergeron saura convaincre le MTQ de revoir complètement le projet.

    J’aime beaucoup ce que Projet Montréal propose dans son mémoire. En gros, il ne faut pas juste penser aux autos, il faut compléter avec du transport en commun efficace et digne de son temps.

  • 2 Carl Bégin // 17 mars 2010 à 15:16

    Prolonger l’Assomption…ou poursuivre un nouveau segment de l’autoroute EST-OUEST?

    Suite à l’annonce de la fermeture du bureau de projet de la rue N-D (TJ de Radio-Canada, le 9 mars 2010, reportage de D.Gentile), Réal Ménard, maire de l’arrondissement MHM, écrira au maire de Montréal pour s’enquérir de la situation et exigera possiblement la complétion de la rue l’Assomption, nonobstant les tergiversations portant sur l’avenir de la rue Notre-Dame.
    Ce qui à première vue semble une bonne idée pour l’arrondissement, (RE: prolonger l’Assomption entre Hochelaga et N-D pour désenclaver et développer le site de l’ancienne Canadian Steel Fondery) pourrait servir de prétexte au prolongement de l’autoroute. Rappelons que le projet MTQ-Ville prévoyait connecter l’axe Souligny à la rue Notre-Dame via l’Assomption…
    Ainsi, après le prolongement de Souligny vers l’ouest, travaux jugés illégaux pour certains, l’autoroute pourrait se poursuivre par la construction d’un autre segment de 3 ou 4 kilomètres. Resterait alors environ 5 kilomètres à bétonner entre la voie du CN et les voies rapides derrière Radio-Canada…
    Si le prolongement de l’Assomption est programmé depuis longtemps, je pense que sa planification et sa réalisation doivent être sous la gouverne de la ville de Montréal. Le secteur l’Assomption est résolument un projet urbain. En l’état actuel, je pense qu’il est préférable de s’opposer à un partenariat MTQ-Ville.
    En résumé, et comme le recommande plusieurs intervenants dont la DSP, la lettre du maire de l’arrondissement pourrait contenir les demandes suivantes:
    implanter sans délais des mesures d’apaisement de la circulation dans les rues du quartier;
    lancer une véritable consultation avec le décorum et la transparence de l’OCPM sur le devenir du secteur l’Assomption;
    procéder à une enquête O/D pour le camionnage;
    rendre publique les plans révisers qui sont actuellement sur la table du service d’urbanisme de la ville. Cette révision fait suite à la demande de la ministre Boulet de revoir le projet pour en abaisser les coûts;
    instaurer un processus d’évaluation des impacts de santé potentiels alors que le projet est encore en phase de planification;
    laisser ouverte la possibilité d’un accès au fleuve et d’échange de terrains entre l’autorité portuaire de Montréal et la Ville.
    Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Nous devons saisir l’opportunité que représente le report du projet Notre-Dame pour faire en sorte que les décideurs, les planificateurs et la population réalisent que ce projet est beaucoup plus qu’un projet de transport, aussi complexe soit-il. C’est d’abord et avant tout un projet de développement urbain. A nous de définir les principes dircteurs qui guideront le travail des concepteurs/planificateurs/ingénieurs. Tôt ou tard, ils se pencheront à nouveau sur l’avenir de la rue notre-dame et le devenir des quartiers en rive.

    La santé, la sécurité, l’équité, la mobilité et la durabilité doivent être au coeur des objectifs de développement de la métropole.Suite à l’annonce de la fermeture du bureau de projet de la rue N-D, Réal Ménard, maire de l’arrondissement MHM, écrira au maire de Montréal pour s’enquérir de la situation et exigera possiblement la complétion de la rue l’Assomption, nonobstant les tergiversations portant sur l’avenir de la rue Notre-Dame.
    Ce qui à première vue semble une bonne idée pour l’arrondissement, (RE: prolonger l’Assomption entre Hochelaga et N-D pour désenclaver et développer le site de l’ancienne Canadian Steel Fondery) pourrait servir de prétexte au prolongement de l’autoroute. Rappelons que le projet MTQ-Ville prévoyait connecter l’axe Souligny à la rue Notre-Dame via l’Assomption…

    Ainsi, après le prolongement de Souligny vers l’ouest, travaux jugés illégaux pour certains, l’autoroute pourrait se poursuivre par la construction d’un autre segment de 3 ou 4 kilomètres. Resterait alors environ 5 kilomètres à bétonner entre la voie du CN et les voies rapides derrière Radio-Canada…

    Si le prolongement de l’Assomption est programmé depuis longtemps, je pense que sa planification et sa réalisation doivent être sous la gouverne de la ville de Montréal. Le secteur l’Assomption est résolument un projet urbain. En l’état actuel, je pense qu’il est préférable de s’opposer à un partenariat MTQ-Ville.

    En résumé, et comme le recommande plusieurs intervenants dont la DSP, la lettre du maire de l’arrondissement pourrait contenir les demandes suivantes:
    implanter sans délais des mesures d’apaisement de la circulation dans les rues du quartier;
    lancer une véritable consultation avec le décorum et la transparence de l’OCPM sur le devenir du secteur l’Assomption;
    procéder à une enquête O/D pour le camionnage;
    rendre publique les plans révisés qui sont actuellement sur la table du service d’urbanisme de la ville. Cette révision fait suite à la demande de la ministre Boulet de revoir le projet pour en abaisser les coûts;
    instaurer un processus d’évaluation des impacts de santé potentiels alors que le projet est encore en phase de planification;
    laisser ouverte la possibilité d’un accès au fleuve et d’échange de terrains entre l’autorité portuaire de Montréal et la Ville.

    Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Nous devons saisir l’opportunité que représente le report du projet Notre-Dame pour faire en sorte que les décideurs, les planificateurs et la population réalisent que ce projet est beaucoup plus qu’un projet de transport, aussi complexe soit-il. C’est d’abord et avant tout un projet de développement urbain. A nous de définir les principes dircteurs qui guideront le travail des concepteurs/planificateurs/ingénieurs. Tôt ou tard, ils se pencheront à nouveau sur l’avenir de la rue notre-dame et le devenir des quartiers en rive.

    La santé, la sécurité, l’équité, la mobilité et la durabilité doivent être au coeur des objectifs de développement de la métropole.

    Carl Bégin

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